« Douce violence » (Amanda Blake GL – La Bobine, 19 mai)

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Rédactrice invitée en direct de Cuvette city : Anne von Klüz

C’est dans une salle comble et un public chaleureux que le trio « Amandadesque » nous a régalé pour cet apéro concert. Plus d’une heure de live pour inaugurer leur album auto-produit, « Sans titre », comme un de leur bien-nommé morceau.

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Amanda Blake GL, c’est qui ? Deux nanas et un gars, entre Allevard et Grenoble. Géraldine au chant, guitare, basse et synthé, Émilie qui alterne la guitare et la basse, elle donne aussi de sa voix et Fred aka Gsejd Landscape à la batterie électro-acoustique.

Amanda Blake GL, c’est quoi ? Du post-punk ? Du rock français ? De la pop noisy ? Tantôt synth’ pop ? Ça fait beaucoup d’étiquettes tout ça… Amanda Blake GL a plusieurs facettes, les ambiances varient avec les changements d’instruments. Des mélodies et des mots restent dans la tête. Les textes sont finement ciselés « à la hache » avec des paroles en français s’il-vous-plaît. Des textes à la poésie écorchée d’une suave mélancolie. Des mots, des mélodies resteront. Des émotions.

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De l’énergie aussi, sur « Cobalt » où elles convoquent le mercure, l’étain, du cobalt, du cuivre, de l’or et « même de l’arsenic ». Le premier morceau de l’album, tout en montée, jaillissement et fracas. De la matière, de la musique et des mots.

Des paroles magnétiques et une hargne plus ou moins contenue sur « Sans titre » et sa super idée de composition. Jeux de mots à la poésie « sans faille ». Le genre de morceau où tes poils se dressent « sans détour », « sans cesse, sans cesse ».

Amanda c’est comme une montée de lave, sur « Ville-sentiment » référence à Clermont-Ferrand, hymne à la terre d’origine de Géraldine. Une musique « taillée dans la pierre noire ». Il y avait apparemment pas mal d’Auvergnat(e)s ce soir-là si l’on se fie aux gesticulations du public. Les enfants ont aussi bien gigoté devant avec leurs casques anti-bruit.

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Une musique avec des contrastes. Il y a des titres plus doux, des ballades avec « les hirondelles », « K.O » et son charme synth pop, le trippy «beauté des voyageurs » ou encore le blues de « dernière saison » qui clôt l’album.

Chez Amanda Blake GL, il y a des mélodies et des riffs, il y a des solos et des ruptures, des envolées et des éclats, il y a du velours et de l’acier. Il y a une violence douce.
Une musique « avec de l’ombre, de la lumière ». Une musique a écouter « sans conteste ».
Amanda Blake GL, quand t’écoutes leur album c’est comme la cancoillotte (ou l’aligot ?!), tu commences, tu t’arrêtes plus !

>>>>>>>>>> AMANDA BLAKE GL

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A night with The Ex : an interview with Arnold de Boer (The Ex)

 

 

Oh, damn ! Pretty stoked to present our first collaboration with David « Almighty » Livegeneva TV : a lenthy interview of The ex’s singer Arnold de Boer, mixed with live footage. It’s not perfect but it’s cool. Enjoy !

Oh, bon sang ! Bien contents de présenter notre première collaboration avec David « Tout-puissant » LivegenevaTV : une longue interview du chanteur de The ex, Arnold de Boer, mixée avec des extraits de concert. C’est pas parfait mais c’est cool. Enjoy !

>>>>>>>>>>> THE EX

>>>>>>>>>> LIVEGENEVATV

Piniol, « Bran Coucou » LP

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Piniol, c’est un groupe qui n’a peur de rien. C’est la contraction de Ni et de Poil – groupes dont on retrouve ici les membres – mais ça pourrait aussi bien être celle de pignouf et guignol. Piniol, c’est un peu comme si le math-rock avait décidé de défier les monuments de la musique amplifiée, ses sommets les plus ambitieux, les plus boursouflés. Rock progressif, jazz-rock, métal, opéra-rock peut-être bien, et j’en passe. Commandante Zappa nous voilà. De ces musiques, Piniol a une énorme envie et ne fait qu’une bouchée. Bouchée double en fait puisqu’il s’agit d’un groupe dédoublé – deux guitares, deux basses, deux batteries, seul le clavier n’a pas son double – Piniol croque tout, concasse, digère et régurgite tout en sept grandes salves surpuissantes et baroques où on en verra vraiment de toutes les couleurs. Il faut être d’humeur fantasque mais c’est assurément un disque de malade.

Piniol, « Bran coucou » (Dur et doux, 2018)

>>>>>>>> PINIOL

>>>>>>>>>> DUR ET DOUX

« La branche déviante de la famille » (Pilier, YC-CY – la Makhno, 10 mai)

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A proprement parler, on peut pas vraiment dire qu’il y ait d’organisation consacrée au noise-rock dans la région Annecy/Genève. Ca reste un peu le vilain petit canard, la branche déviante de la famille. Le cousin pas sortable. La cousine transgenre. Mais, au final, il n’y a pas trop à se plaindre car, dans la programmation des uns ou des autres, il y a régulièrement des noms inespérés, des coups de folie.

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La soirée commençait avec le hardcore-punk des locaux de Pilier. Eruction continue de rythmiques rapides et de riffs rentre-dedans, sans temps mort, dans un esprit très proche des Annemassiens de Wrensh. Hardcore droit au but, sans le métal en quelque sorte. Bon sang, heureusement qu’il y a encore des groupes comme ça.

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On sent le groupe habitués du lieu. Et le public, qui assure l’ambiance joviale. Ils se laisseront même convaincre par un rappel.

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Les Suisses allemands de YC-CY  ont peu joué par ici. Ils viennent de sortir leur 2e album sur le label allemand X-Mist et faisaient une courte tournée de trois dates dans l’est de la France.

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Leur musique semble provenir d’un lieu non-cartographié. Atmosphérique et bruitiste, violente et émotionnelle, dansante et expérimentale. A équidistance du post-punk, du hardcore, de la noise. A l’image du génialissime Kepler-186f, qu’il joueront en deuxième et qu’il faut absolument écouter. Ce morceau mérite à lui seul le nom de Todestanz – Danse de la mort -, le titre de leur album.

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Pulsation puissante de la batterie, réduite à sa plus simple expression, qui capte les regards. Bassiste en retrait, les yeux clos – des images de Joe Lally de Fugazi reviennent en flash. Sonorités incongrues que le guitariste tire de son instrument. Des airs de synthé vérolé. Chanteur coincé aux abords du public, plié sur son micro.

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La charge fût relativement brève mais intense. Comme leurs copains allemands de YASS, YC-CY dessine un noise-rock du futur – ou du présent, tout simplement – qui donne grandement envie de continuer à suivre ce que donne ce groupe.

 

>>>>>>>>>> PILIER

>>>>>>>>>> YC-CY

 

Split K7 Archet cassé/1000DIEZ

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Archet cassé sort de nouveaux morceaux, mais de manière si discrète qu’on pourrait bien passer à côté. Cinq titres supplémentaires – dont deux instrumentaux – à se mettre sous la dent de ce spleen en rimes qui court après l’enfance et ne cherche pas à prouver quoi que ce soit. Un côté électro peut-être encore un peu plus prononcé, voire cold sur le dernier titre. Si je ne devais en retenir qu’un parmi toutes les expérimentations one-man/woman/chanson/synth/indus/wave, y’aurait des chances que ce soit Archet cassé.

De l’autre côté, 1000# balance des beats à l’envers plutôt cools. Il y a du texte aussi, dont un e-dozer débile et halluciné bien marrant.

Ceci est une cassette à la jolie pochette sérigraphiée mais je n’en dirai pas plus vu que je ne l’ai pas.

Split K7 Archet cassé/1000DIEZ (Four4 records).

>>>>>>>>>> FOUR4 RECORDS

Barré#7

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Le numéro 7 de Barré est sorti depuis un moment déjà et comme les autres épisodes apporte son lot de reportages hors des sentiers battus –  la Hongrie d’ajourd’hui du point de vue ses sans-abris, des portraits de femmes résistantes en Tunisie, la religion du Wack en Afrique de l’ouest – des témoignages et analyses – la langue des signes, la ZAD de Roybon -, un article dessiné sur la guerre des Demoiselles, une interview des éditions de la Goutte d’or, une synthèse sur le dessinateur Jaime Hernandez (Love & rockets), un panorama vraiment marrant de films inclassables (L’enfer de la cinémathèque). D’autre petites choses et une anti-discothèque de années 90 toujours aussi bien vue mais qui fait aussi encore une fois regretter que cette chouette revue qui a des choses à dire ne soit pas plus en prise avec la scène musicale actuelle.

L’édito narre encore une fois la difficulté de fabriquer une telle revue avec une équipe amateure et bénévole mais ne lâche pas pour autant puisqu’elle envisage une version en kiosque !

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Nurse, untitled LP

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Voici – enfin – le premier disque de Nurse. Uniquement en CD pour l’instant, pour la version vinyle il va falloir patienter encore un peu. Premier disque et premier long-format de neuf titres. Chez Nurse, on fait pas semblant. On aime se jeter tête baissée dans  la bagarre. Il faut dire aussi que les quatre haut-savoyards auront mis un certain temps pour en arriver là – cinq ans, pour être précis. Mais c’est peut-être le temps qu’il faut, pour faire un groupe.

Passée l’intro – sorte de mise en jambes gonflée à bloc sur deux accords -, c’est Salty river – nouveau nom de ce qui a longtemps été le seul enregistrement disponible de Nurse – qui procure habilement une sensation de reconnaissance et une émotion lancinante étreint l’auditeur, qui ne le quittera pas jusqu’à la fin du disque. Chacun des morceaux a sa façon de décliner le post-hardcore explosif du groupe travaillé d’aspirations pop  – à moins que ce soit l’inverse – sa propre mécanique fluide, sa manière de travailler la tension, de l’exacerber à petit feu ou au contraire d’ouvrir ou refermer brutalement les vannes. Noise chaotique laissant place à une rythmique rock parfaite ici (I should know), arpèges arc-boutés sur leur dissonance jusqu’à la rupture là (Before the ship flows…). Et derrière un nom imbuvable – They should tell us that we have to drive us back home -, un des titres les plus échevelés, les plus pop du disque – de ces morceaux que tu te remets immédiatement une fois terminé parce que tu viens de te prendre dans les oreilles quelque chose qui arrive très rarement et que tu as trouvé beau. Et pour arriver à me faire préférer un de leurs morceaux les plus pop, c’est vraiment que ce groupe doit être dans le vrai quelque part. Le chant constamment en première ligne. Un chant émo magnifique de gosse qui gueulerait à tue-tête ses mélodies d’espoir, de défiance et de dépit. Les lignes appuyées de la guitare, qui jouent presque à égalité avec la voix, quand elles ne viennent pas brouiller les pistes, pousser au vice et au déséquilibre. Le duo basse batterie  joue une partition peut-être moins flamboyante mais pas moins efficace, loin de là. Pression constante, tout en ayant l’art de jamais trop en faire, toujours sur l’action quand il faut.

Le son colle au plus prés de l’énergie impétueuse du groupe, réussit à capter sa folie (la voix gueulée hors micro de Pixies), à épouser de manière ingénieuse ses moments chaotiques autant que les passages plus intimistes – avec un tel naturel qu’il est forcément le résultat d’un travail minutieux acharné. En vérité, je ne saurais pas dire si l’album de Nurse est un grand disque de rock – c’est pas impossible – mais c’est en tous cas un putain de disque chérissable de bout en bout, jusque dans ses imperfections, et, tout comme celui de Nevraska, une pierre angulaire de la scène que j’apprécie et que je soutiens.

>>>>>>>>>> NURSE

L’Orchidée cosmique + Spanked (Brise-Glace, 18 avril)

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La petite salle du sous-sol du Brise-Glace – dite « club » – propose régulièrement des concerts de groupes locaux (ou pas). C’était le tour de L’Orchidée cosmique ce soir-là, suite à une résidence qui a d’ailleurs donné lieu à la réalisation d’une vidéo.

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L’Orchidée attaque déjà son dernier morceau lorsque j’entre dans la salle. Dommage, toujours un plaisir de se laisser emporter par les sonorités aériennes et les constructions étonnantes de sa musique, somme toute très ludique et accessible.

Plein de bonnes nouvelles du garçon, en tous cas. Un enregistrement prévu, avec une sortie sur un label parisien.

spankt 2.JPGOriginaires de Besançon, Spanked étaient les invités de L’Orchidée. Le duo vient de sortir son deuxième album. Si leur musique évoque des références assez évidentes, du côté de Seattle par exemple, elle n’hésite pas à sortir aussi de sa zone de confort.

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Jeu assez technique et hyper dynamique pour le batteur et atmosphères parfois plus lourdes et lancinantes du côté de la guitare ou du chant. Spanked propose une musique rentre-dedans et variée qui tiendra bien en haleine les personnes présentes.

Les discussions post-concert révèleront des personnes humbles et très accessibles. Malheureusement, la convivialité du lieu est limitée et il a fallu y mettre un terme plus tôt que ce qu’on aurait souhaité. A une prochaine !

>>>>>>>>>> L’ORCHIDEE COSMIQUE

>>>>>>>>>>> SPANKED

The non-philosophy of noise-rock : a (posthume) interview with Buzz rodeo

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We all love it when a plan comes together. Such was the case when Stuttgart-based trio Buzz rodeo said they were available to play with local emo-rockers Nurse at their album release party in Le Poulpe. Meeting Ralph, Daniela and Helge was a blast and, on stage, the dry, angular and yet melodic noise-rock of the Germans seriously kicked asses. It came all the more as a surprise, then, to learn that the band had disbanded a few days later, putting their west-European tour to a brutal halt. So much for rock’n roll. Anyway, they let none of that out on that night and were happy to answer some of my usual questions. Here is what they had to say.

OK Buzz rodeo, let’s go  ! Your songs are really well built, noisy but very coherent, so I guess this is not your first band experience… Could you tell us a little bit about your musical pasts ?

Ralph (guitar/voice) : We played in a band called Are we electric ? It was instrumental surf-punk-math-rock (laughs) ! And I played before in a band called Mink Stole et Helge played in Craving, I played in Bhang dextro. We had four 7 ‘’ out in the 90s.

Helge (drums) : The drummer of Bhang dextro left and then I came and we formed Are we electric ? together.

Ralph : Are we electric ?, Mink Stole and an unknown band called Lightning ships… And Tiger Shower Caps !

And you, Daniela ?

Daniela (bass) : I played in an all-girl band. A cover band.

How is the integration in Buzz rodeo going ? (Daniela has been in the band for one year)

D : Very good ! I love the music, I love the songwriting…

R : The guys ! (Laughs)

D : Yeah. Ralph is a bit special…

R : (Funny voice) Very special !

D : Helge is my flying teacher ! He is such a good drummer that playing bass with him is like flying ! And Ralph, he is…

R : … (Unidentified german word, better not to translate.)

D : No, an endless source of songs… In three days, he can do…

R : … one album ? (Laughs)

That was actually my next question : what is the writing process to achieve these songs that you recognize almost immediately ?

R : I just come to the rehearsal and play some riffs… and the others build it up !

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Your last album was published on a polish label – Antena krzyku -, can you pronounce that name for me ?

R : We say « Antena Kryschkou », but we don’t really know…it might not be the exact way… (Laughs)

Can you tell us a bit about this label ?

R : Its is 30 years old, at some time it was forbidden in Poland. Too political, or something like that… It’s a really cool guy who runs the label !

How did you meet him ?

R : He wrote to me on Facebook and we talked and talked and talked. I hadn’t noticed that he had a label. Three weeks later, he was like « Hey, I’ve got this label » and I was like « WHAT ?!! ». He has many bands on his label from all over the world. And not only noise-rock : hardcore-punk, balkan rock, he has all… But he loves noise-rock and post-punk ! He was the roadie for The Ex in the 80s and 90s, he was all over Europe with them.

D : And the best thing is that he doesn’t tell us what we should do…

R : Most of the promotion we do by ourselves, on Facebook…

Yeah, I’ve seen it once or twice… (Everybody laughs out really loud, Ralph being a serial Facebook poster.)

R : But you have to do this ! There are so many bands out there ! Many bands say fuck self-promotion, but it’s not my opinion…

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Do you think this has changed ? In the 90s, there used to be quite a lot of fanzines that bands would use for their promotion…

R : Yeah, I personnally read Maximum rock’n roll, Flipside, Heartattack and the German ones : Ox fanzine

H : And Trust. Trust is better !

R : And Skyscraper magazine and Copper press. And Magnet magazin in the 90s. And another German one in the 90s : Spex.

D : But the change is that you have more direct contact with fans. With social media, you collect them step by step, you talk with them directly. We send the teeshirts, the records by ourselves…

R : We write little messages, include them in the package. We built this Buzz rodeo thing mostly on Facebook.

Then do you think local scenes still have a relevance when you can be in touch with a guy in South america and organize a tour…

R : Local networks yes but not with the local scene… Not so many bands and they are much younger than us. But we have connections all around the world. The guys call us : Hey, come to Russia, come to Australia ! The next step would be to tour the US but… we are afraid of Trump ! Could be a horror trip !

Are these easy connections all good experiences ?

R : In general, you can rely on people, yes.

D : Things happen…

R : Yeah, but I would say 90 % is good. No assholes ! It works !

You seem to be very active : writing, recording, touring. Do you have music-related jobs ? Or flexible jobs ?

R : I’m a landscaper. Self-employed, so when we play, I have no money. But I can do what I want.

D : I’m in a sound studio that does advertising : radio spots, TV spots and videos… The day has 24 hours and it’s always full. When I do stuff for Buzz rodeo, I can’t work so much. But it’s OK.

H : I’m a teacher for fair-trade shops…

R : We can’t live from music only ! So far but… it can change ! (Laughs)

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Can you tell what bands are worth listening to in Germany right now ?

R : German bands ? That’s the hardest question ! (Laughs) Heads…. Not many that I prefer listening to…

H : You have to take a few minutes to think about this… Kurt… Ten Volt shock is cool ! Yass…

R : Party diktator. They have a new band called Waran… I personnally listen to American or UK bands : Blacklisters, Usa nails… And all the 90s stuff : Touch and go, Amphetamine reptile, Dischord, Trance syndicate… This shit… And I love Peru, from Poland. they’re great !

H : Frana… Porch… We toured with them in the UK.

You – especially Ralph – seem to be real noise-rock freaks, how would you define the essence of it – the philosophy of noise-rock – to people who don’t know about it and surely want to know ?

D : Good question…

R : We are really loud… and dirty. Well, … I don’t know ! (Laughs)

D : In the end, it’s just music. A matter of taste…

R : My roots are more in the UK post-punk scene. The Fall, stuff like that… Television personalities, Gang of four are my personal favourites. The guitar-player is god !

D : Music just makes peole feel something. You can say I love that but you can’t say what the philosophy of it is !

(Follows a discussion on how music can touch people in different ways…)

R : A new record is in the works : fifteen new songs ready to be recorded. We hope we can go to Blackbox studio, in France. We have contacts with Albini too but it was too expensive for us. But it would be a good thing, recording with him in the near future.

So you’re planning to have the new album out this year ?

R : Yeah, on the same label, Antena Kryzku. Of course.

 

Post scriptum

On latest news, Ralph has started a new band project with Sasha (ex-Frana) on drums and Daniel (Buzz rodeo sound guy) on bass. To be continued…

 

All black and white pictures are from Dylan D. Breed. Thanks to him again.

 

>>>>>>>>> MINK STOLE 1, 2

>>>>>>>>> BHANG DEXTRO 1, 2, 3

>>>>>>>>> ARE WE ELECTRIC ?

>>>>>>>>> TIGER SHOWER CAPS

>>>>>>>>> LIGHTNING SHIPS

>>>>>>>>> BUZZ RODEO

>>>>>>>>> ANTENA KRZYKU

>>>>>>>>>> LE POULPE

 

 

Don Aman, « Starving » LP

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Depuis son premier album et l’occasion de les voir en concert à plusieurs reprises, le trio dijonnais Don Aman me fait irrésistiblement penser à la chanson de Dominique A, Le courage des oiseaux. « Si seulement nous avions / le courage des oiseaux / qui chantent / dans le vent glacé ? »

« Starving » est donc leur deuxième album, présenté dans un emballage magnifique (artwork de Marie Llanéza) et bénéficiant d’une production soignée et méticuleuse qui est une des marques de fabrique du groupe. Au fil de ses neuf titres, cet album fait une nouvelle fois la preuve de la volonté opiniâtre du trio d’inventer librement une musique qui lui soit propre – le courage des oiseaux évoqué plus haut, pour ceux qui ne suivent pas.

Les ambiances pop/folk et intimistes dominent et restent la couleur principale de la musique de Don aman. Le ukulele ou la guitare accoustique font des apparitions  régulières. Pour autant, le trio parvient constamment à insuffler de la tension et à mener ses idées en des lieux intéressants. Ces parties, de plus en plus maîtrisées et assumées, donnent d’ailleurs lieu à des passages magnifiques, comme sur Blizkrieg où les envolées de la voix rappellent Morissey.

Les étiquettes ahurissantes dont le groupe se voit affublés lors de ses passages en concert – du rock progressif en passant par le dark wave et le post-rock noisy – sont la meilleure preuve qu’il n’est pas évident de saisir la musique de Don aman (eux qui n’aiment pas les références, ils sont servis). Car les ambiances calmes et sereines peuvent se charger d’ombres ou tourner à l’orage violent sans crier gare. D’ailleurs, le disque s’ouvre sur un Dark, blonde, red atypique et très réussi, avec son riff de basse noise, massif et répétitif. Megpie s’interrompt brutalement pour laisser place à un riff rock et une batterie machinique qu’on croirait tout droit sorti d’un vieux Jesus and Mary chain. Et que dire de Douglas, longue pièce de plus de 18 minutes aux ambiances encore plus indéfinissables, où la matière sonore semble passer au premier plan durant toute une première partie et où la voix finit par arriver comme si de rien n’était à la quatorzième minute, non sans que le morceau ait culminé auparavant dans un stoner tonitruant ?

En un mot comme en cent, Don aman est un groupe qui ne ressemble qu’à lui-même et y ressemble de plus en plus. Leur liberté et leur ambition les rend précieux et, oui, excitants. Puissent les oiseaux voler encore longtemps et toujours plus haut, loin des vents dominants.

Don aman, « Starving » (Urgence disk, 2018).

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>>>>>>>>>> DON AMAN

>>>>>>>>>> URGENCE DISK